Adolescence et immunité

Adolescence et immunité

Pour nous défendre contre les agressions, la nature a mis en place une organisation formidable.

L’immunité non spécifique ou immunité innée

La première ligne de défense est définie comme l’immunité non spécifique ou immunité innée. C’est-à-dire qu’elle se met en place quel que soit l’agresseur, bactéries, virus, substances étrangères.

À ce niveau interviennent :

    • Les barrières mécaniques : Peau, muqueuses, cils (nez, bronches), eau des larmes, éternuement, toux, vomissement, le flux urinaire empêchent la pénétration de l’agresseur.
    • Les barrières chimiques : Les molécules contenues dans les larmes, la salive, la sueur, le mucus, le pH acide de la peau, de même que la pellicule de sébum, le milieu acide de l’estomac participent à l’élimination des agresseurs
    • Les barrières biologiques :
      • La rougeur et la fièvre. Ce phénomène est particulièrement efficace contre les virus qui sont sensibles à la chaleur. La transpiration permet d’éliminer les toxines. C’est pourquoi en cas de grippe, infection virale, le corps se défend en provoquant une forte fièvre accompagnée de suées.
      • Les cellules spécialisées dans la destruction des intrus.

Certaines cellules (globules blancs Neutrophiles) arrivent rapidement sur les lieux, se collent à l’ennemi, l’absorbent et le digèrent (phagocytose). D’autres cellules (les macrophages) assurent la destruction des gros déchets, le service de nettoyage. D’autres encore appelés « Natural Killers », les « Tueurs naturels », sont capables de tuer de nombreux microbes, repèrent et attaquent les cellules anormales y compris les cellules tumorales (cellules cancéreuses).

      • Les substances antimicrobiennes produites par l’organisme.

Certaines de ces substances peuvent être considérées comme nos antibiotiques naturels.

    • Les bonnes bactéries (saprophytes) Présentes tout au long du tube digestif, elles constituent la flore buccale, la flore digestive (1014 bactéries, plus que le nombre de cellules du corps), elles sont aussi présentes dans le vagin. Ces bactéries jouent un rôle majeur car elles constituent une barrière naturelle contre l’invasion par les bactéries pathogènes. Elles tapissent les muqueuses, empêchant ainsi la colonisation par les agresseurs. Elles garantissent également l’intégrité de la muqueuse intestinale.

L’immunité spécifique ou immunité acquise

Elle se met en place en cas d’insuffisance de la première ligne.

Il s’agit d’une réponse appropriée en fonction de l’agresseur. Là encore, bactéries, virus, substances étrangères se trouvent face à une armée bien organisée. La défense est assurée par une lignée de globules blancs (les lymphocytes) ne reconnaissant qu’une sorte d’agresseur (Antigène). Leur spécialisation accroit leur efficacité.

La quantité de cellules immunitaires présentes dans l’intestin représente 70% de l’ensemble du système immunitaire. L’équilibre de la flore intestinale (effet barrière) et la qualité de la muqueuse (filtre sélectif) sont les clés d’un bon fonctionnement du système immunitaire. Tout ce qui perturbe ces deux éléments va impacter sur notre résistance aux agressions extérieures : bactéries, virus, pollution, toxiques.

Spécificités de l’adolescent

L’alimentation

    • Excès de sucre rapide. Les adolescents ont souvent une alimentation déséquilibrée. Ils affectionnent les boissons sucrées, les pâtisseries industrielles or le sucre raffiné est néfaste à l’organisme :
      • Privé de vitamines et minéraux par le raffinage le sucre blanc appauvrit nos réserves en nutriments essentiels au système immunitaire comme le cuivre, un oligoélément anti-infectieux.
      • Il favorise les fermentations intestinales et déséquilibre la flore
      • Il favorise le développement des candidoses. Le candida albicans est avide de sucre.
      • Les études ont montré que plus nous absorbons de sucre moins nos globules blancs chargés de détruire les bactéries sont efficaces.
    • Alimentation pauvre en fruits et légumes. Il  y a donc une carence en vitamines et minéraux. La vitamine C présente dans les fruits et légumes crus, stimule notre système immunitaire. La vitamine E a un rôle antioxydant.

Les fibres sont également indispensables au bon équilibre de la flore intestinale car elles assurent un transit régulier.

    • Excès d’aliments transformés, de préparations industrielles riches en graisses saturées mais aussi en colorants, conservateurs, exhausteurs de goût et autres molécules chimiques qui provoquent une stimulation inappropriée du système immunitaire. Ce dernier s’épuise inutilement et ne peut plus répondre correctement en cas de véritables agressions.
    • Surcharge du foie. L’alimentation trop riche, trop sucrée ne peut être correctement gérée au niveau intestinal. Les déchets et toxines sont donc récupérés par le foie. Ce dernier s’épuise et ne fait plus correctement son travail de  filtre. C’est un sang pollué qui part nourrir nos tissus déclenchant des phénomènes inflammatoires.

De plus le foie a un rôle important dans la synthèse des molécules intervenant dans le système immunitaire donc ce dernier perdra de son efficacité.

Mode de vie

  • Sommeil insuffisant. Le sommeil est la période où les organes se régénèrent. Les études montrent qu’une diminution des heures de sommeil entraine une baisse de certaines cellules du système immunitaire.
  • Stress. Chacun a pu le constater au moment des examens se multiplient les affections bénignes et les troubles gastro-intestinaux. Le stress ralentit le fonctionnement de tout le système digestif perturbant la digestion ce qui a un impact sur l’équilibre de la flore. L’intestin est le siège d’une grande partie de notre système immunitaire, tout dysfonctionnement se traduit par une diminution de nos capacités à réagir contre bactéries et virus.
  • Vouloir modifier totalement le mode d’alimentation d’un adolescent ou son rythme de vie est mission impossible. De plus l’agriculture intensive produit des fruits et légumes appauvris. Les récoltes avant même que les fruits ne soient à maturité, le stockage, les méthodes de conservation (irradiation, congélation) ne garantissent plus des teneurs en vitamines et minéraux suffisantes. Il est donc nécessaire d’avoir recours à la supplémentation.

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