Adolescence et surpoids

Adolescence et surpoids

Surpoids, obésité : les ados de plus en plus concernés

Toutes les études montrent que les enfants et les adolescents en surpoids sont de plus en plus nombreux. Le dernier chiffre de l’INSERM (2012) annonce 15% d’enfants et d’adolescents en surpoids et 4% souffrant d’obésité.

Durant l’adolescence la croissance est rapide. Elle peut atteindre 8 à 12 cm en une année. C’est durant cette même période que se produit la puberté c’est-à-dire la maturation des organes sexuels produisant les hormones. L’alimentation doit donc apporter tous les éléments nécessaires au développement du squelette (calcium, phosphore, magnésium) mais aussi tous les éléments permettant un bon équilibre hormonal (oligo-éléments, vitamines).

Les bouleversements corporels, psychologiques, affectifs et sociaux s’accompagnent souvent de modifications des comportements alimentaires. Ces comportements expriment à la fois la recherche d’une identité et l’appartenance à un groupe.

Cause du surpoids

Alimentation

    • L’adolescence est une période ou les besoins nutritionnels sont importants. Malheureusement c’est la période ou le jeune s’affirme à travers son comportement alimentaire. Les jeunes préfèrent manger ensemble, et peu importe la qualité nutritionnelle du repas l’essentiel est de le partager avec « son groupe ». Les adolescents vont privilégier les pizzas, les hamburgers, les viennoiseries riches en graisses saturées et en additifs, le tout accompagné d’un soda.

Cette alimentation déséquilibrée trop riche en sucre et en graisse favorise la prise de poids.

Les cantines scolaires malgré les efforts entrepris depuis quelques années ne proposent pas des menus très équilibrés avec comme argument que si l’on veut que les enfants mangent il faut leur proposer les plats qu’ils aiment. Arguments que développent également les parents désespérés.

    • Souvent en fonction des états d’âmes de l’adolescent les périodes d’excès alternent avec des périodes de restrictions. Le résultat est équivalent à celui obtenu avec les régimes : après une période de restriction le corps fait des réserves d’où prise de poids.
    • L’absence de régularité des repas est également à l’origine du surpoids.

Notre organisme a sa propre horloge biologique. Si les repas sont pris à heures régulières la sensation de faim n’apparaitra qu’à l’heure prévue, donc moins de fringales et de grignotages.

Afin d’équilibrer les apports énergétiques tout au long de la journée il faut 3 repas par jour. Souvent le petit déjeuner est bâclé ou composé de tartines de pain blanc recouvertes d’une épaisse couche de Nutella riche en sucre et matières grasses. Ces sucres de synthèse apportent une énergie factice.

S’il est difficile de maitriser le repas du midi qui se passe souvent à la cantine, le repas du soir ne doit pas être remplacé par un buffet dinatoire : chacun mange ce qui lui plait, le micro-onde règne en maître dans la cuisine.

Facteurs psychologiques

  • L’adolescence est une période tourmentée. Le manque de confiance en soi peut être à l’origine de troubles du comportement alimentaire. L’adolescent se replie sur lui même et compense le manque affectif par les sucreries. C’est l’engrenage car nous vivons dans une société du paraître. Les adolescents sont particulièrement préoccupés par leur image et un excès de poids va avoir des répercussions importantes sur leur vie scolaire et sociale.
  • Les problèmes familiaux, les divorces sont souvent à l’origine d’un dérèglement du comportement alimentaire. La perte de référence, l’insécurité se traduit par des compulsions sucrées (phénomène de compensation) puis une consommation excessive d’aliments. Chez beaucoup d’enfants et d’adolescents obèses on note une corrélation entre la prise de poids et un accident familial.
  • Dans un contexte économique difficile les adolescents sont conscients des difficultés qui les attendent. Les parents inquiets sur un avenir professionnel incertain mettent la pression sur leurs enfants : « Si tu veux t’en sortir il faut être dans les meilleurs ». Cette situation de stress provoque des dérèglements hormonaux chez l’adolescent comme chez l’adulte.

Manque d’activité physique

    • Les enquêtes montrent que la plupart des adolescents, passent une bonne partie de leur temps libre devant leur ordinateur ou devant la télévision. L’absence de dépenses physiques associée à une alimentation déséquilibrée trop grasse et trop sucrée va progressivement conduire à une prise de poids.

Les apports énergétiques sont très supérieurs aux besoins.

Conséquences du surpoids

Conséquences psychologiques

    • Mauvaise estime de soi.

Notre société est une société du paraître et de l’image. Très rapidement un adolescent qui est en surpoids va se sentir dévalorisé. Ce sentiment s’accompagne souvent d’anxiété et peut conduire à un état dépressif.

    • Exclusion du groupe

L’adolescent en surpoids ne peut respecter le code vestimentaire du groupe. Pour les filles les après midi shopping avec les copines deviennent une épreuve. Pour les garçons le surpoids devient un handicap pour la pratique du sport et ils sont exclus des jeux collectifs. Très rapidement l’adolescent opte pour des vêtements amples et sa propre image amplifie son mal-être. Peu à peu, il s’isole, se réfugie devant la télévision et l’ordinateur ce qui amplifie les problèmes.

    • Échec scolaire

Durant cette période de grand bouleversement qu’est l’adolescence les problèmes psychologiques ont des répercussions importantes sur la scolarité. Or l’adolescent est en pleine période d’orientation. Une situation d’échec au collège peut modifier totalement ses perspectives d’avenir.

Conséquences physiques

Le surpoids peut avoir des retentissements :

  • au niveau hormonal avec chez les filles puberté précoce, troubles du cycle ou absence de règles
  • au niveau osseux et articulaire : c’est à cette période que se détermine la qualité du capital osseux. Une carence en minéraux associée à un surpoids se traduit par des déviations du squelette.
  • au niveau hépatique, le foie surchargé n’assure plus ses fonctions de filtre. Le foie intervient également dans la construction des hormones, dans l’équilibre du système immunitaire, dans la gestion du taux de sucre sanguin.

Lutter contre le surpoids

Soutien psychologique

La composante psychologique ne doit pas être négligée

Le dérèglement du comportement alimentaire est souvent lié à un besoin de compensation sur le plan affectif. L’origine peut être une rupture affective au sein de la famille (divorce, séparation, arrivée d’un autre enfant) ou le stress lié à la scolarité. Les modifications liées à la puberté sont déstabilisantes. Il faut que l’adolescent puisse exprimer ses inquiétudes soit dans le cadre de la famille, soit à l’extérieur.

Alimentation

Il est inutile de vouloir imposer un changement radical à un adolescent. Une énumération des risques liés à cette alimentation trop riche en sucre et en graisses de mauvaise qualité restera sans effet.

En premier lieu il faut se poser la question. Les habitudes alimentaires du reste de la famille sont-elles irréprochables ? Si ce n’est pas le cas c’est sans doute l’occasion de faire un effort collectif. Il existe une prédisposition génétique au surpoids donc une meilleure gestion de l’alimentation peut être bénéfique à toute la famille.

Quels aliments ?

En aucun cas l’adolescent ne doit se voir imposer un régime restrictif. D’une part ses besoins sont spécifiques et peuvent être supérieurs à ceux d’un adulte durant la croissance, d’autre part Il ne pourra pas le respecter et cela engendrera un sentiment de culpabilité lorsqu’il craquera pour un aliment interdit. Le calcul des calories trop astreignant peut devenir obsessionnel. Il faut être très vigilant car une adolescente peut facilement basculer vers un comportement inverse conduisant à l’anorexie. Les carences ont des conséquences aussi graves que les surcharges.

Il faut donc privilégier une alimentation équilibrée, diversifiée, si possible « bio » qui puisse répondre aux besoins mais aussi au goût de l’adolescent et pour cela il faut ruser et ne pas imposer.

Les impératifs à respecter absolument :

  • Supprimer les boissons sucrées et les grignotages devant la télé.
  • Éviter de garnir placards et frigidaire de friandises, entremets sucrés et autres tentations.
  • Supprimer les fritures, les sauces riches en graisses saturées (crème fraiche, beurre)
  • Limiter la consommation de plats cuisinés contenant des exhausteurs de goût qui poussent à se resservir.

Privilégier :

  • Les desserts faits maison (tartes, compotes, fruits cuits au four). L’été les sorbets remplacent les glaces à la crème.
  • Le pain aux céréales qui remplace le pain de mie.
  • Les huiles végétales bio 1ère pression à froid : colza, noix, olive riches en oméga 3, 6, 9 indispensables au bon  fonctionnement de notre cerveau.
  • Les salades composées, les pizzas et les quiches maison permettent d’introduire des légumes variés.
  • Les aromates et les épices qui feront mieux accepter les légumes verts

Quelle quantité ?

L’adolescent doit apprendre à reconnaitre les sensations de faim et de satiété. Pour cela le repas doit être pris à heures régulières et à table. Tous les spécialistes s’accordent pour souligner l’importance des repas en famille. C’est une occasion de reprendre contact mais surtout cela permet aux enfants de donner un sens aux repas. Un plateau repas devant la télé sera avalé sans y penser or le temps passé à manger influe sur notre impression de satiété. Les études montrent que la même quantité avalée en 10 ou 20 minutes ne procurera pas la même impression de satiété.

Exercice physique

Pour les adolescents comme pour les adultes des apports alimentaires supérieurs aux dépenses sont une des raisons de la prise de poids. L’activité physique permet de bruler l’excès de nourriture, améliore la digestion, l’oxygénation. Il faut trouver avec l’adolescent une activité qui lui convienne et non pas un entrainement contraignant auquel il va rapidement s’opposer. Piscine, danse du ventre ou football, peu importe, l’essentiel est de bouger. Dans la vie quotidienne, aussi souvent que possible il faut remplacer les trajets en voiture par la marche à pieds.

Mais quelquefois les habitudes sont difficiles à perdre, l’adolescent n’arrive pas à limiter sa quantité de nourriture. L’émotionnel peut également prendre le dessus. Il faut alors envisager les compléments alimentaires qui vont aider à retrouver un équilibre du comportement alimentaire, apaiser les angoisses, favoriser les processus de digestion.


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